Mon ami
Chaque semaine, depuis des mois, tu te retrouves. Avec toi-même et avec les autres. Dans l’intimité. À l’écart des projecteurs et des regards étrangers.
De jour en jour, tu as découvert l’espace et toi dedans, le silence et les mots, l’immobilité et le mouvement…
Tu as regardé et tu as écouté, beaucoup, de plus en plus. Au point de devenir un véritable capteur de vie.
Tant et si bien que tu n’as plus pensé à «exprimer» ton fameux monde intérieur, clos, dont tu étais pourtant si fier en arrivant, mais tu t’es laissé traverser par Le monde, celui qui bouge autour et qui émet.
Et tu es devenu un acteur, un qui agit, qui «acte», et qui donne à voir, à lui et aux autres, la vie et le vivant.
Puis, tout naturellement, tu as voulu transmettre.
Alors, ton groupe et toi, vous avez monté une pièce, un spectacle. Pendant des heures, vous avez appris à raconter cette histoire…
Enfin, vous nous avez fixé rendez-vous, à nous, les futurs spectateurs.
Le moment de notre rencontre est, maintenant, arrivé.
Tu as quinze ans, trente ans ou soixante-dix et nous t’attendons impatiemment.
Toi, tu nous attends aussi, dans la fièvre, la peur, et l’espoir, surtout l’espoir de connaître ce monde inédit qui s’ouvre sur la scène.
Réglons nos montres, mon ami : ce voyage nous allons le faire ensemble.